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Autoportrait Soluto 2020

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Autoportrait, huile sur toile, 50 cm x 50 cm, 2020

 

Quand je ne peux plus m’encadrer je me portraiture.

Ça me prend tous les deux ou trois ans.

Je suis mon sujet le plus accessible, le plus corvéable, le plus patient, le plus entêté, celui qui ne sera pas déçu, vexé, décontenancé par le résultat.

Je m’interroge, je fouille les plis, les rides, j’examine la fraicheur de l’œil, le plomb de la pupille, le tombé de la lippe, je fais l’inventaire.

La paupière est un drapé, la pommette se noie, la peau pend de chaque côté des plis d’amertume. La lumière pose ses écailles roses et turquoises sur le front luisant, la joue bombe ici, se creuse et mollit là. Dans l’ombre du menton sommeillent l’outremer et le vermillon.

Le nez ? Il tourne d’année en année au tarin : le travailler dans sa masse, le modeler, le brosser, le tourner dans la pâte grasse pour le tirer hors du grain de la toile (pour l’ombrer rester maigre, frotter délicatement la terre de Sienne et les bleus corrompus).

Se faire la gueule, se peindre pour se reprendre, pour chasser la complaisance et mesurer la fonte des charmes. Se regarder vieillir, constater la dissolution des trait, l’affirmation des sillons, l’indécision du regard. Sentir de mieux en mieux la cagoule qui s’affaisse et se moule sur le squelette.

Arrivent ces jours où la lucidité vous éclaire mieux que la lumière du jour.

Van Gogh, Cézanne, Rembrandt, Freud, Close, Picasso

Résister et mourir à soi-même.

Continuer de danser.

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Je me souviens du petit bout de la queue du chat…

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Chantons en chœur la violoncelliste

Elle avait pour prénom Sidonie,
Ses amis l’appelaient La Sido
Adorant avant tout l’harmonie
Elle portait un lorgnon, deux bandeaux
Ne pouvant pas jouer d’la prunelle
De la croup’ , ni des hanches, ni des seins
La Sido jouait du violoncelle
Dans l’espoir de trouver un Chopin

Elle était vierge et solitaire
N’ayant pas connu le mystère
De l’Adoré
La violoncelliste
Cent fois elle en avait parlé
Ne le connaissant que par les
Récits récits
La violoncelliste
N’ayant pas tout ce qu’elle voulait
Ell’ s’consolait comme ell’ pouvait
Mi mi mi mi
La violoncelliste
Ell’ entret’nait son instrument
comme on entretient un amant
Ciré, si ré
La violoncelliste

Entre ses genoux bien serrés
Rêvant de grandes ouvertures
Elle jouait avec un tel doigté
Qu’elle en avait des courbatures
Elle pensait jouant Debussy
Si j’avais ça, si j’avais ci
Si si si si
La violoncelliste
Elle avait peur des sérénades
car elle n’avait personne pour l’ad
Mirer mi ré
la violoncelliste
Elle rêvait à des choses étranges
En jouant du Coup’rin,du Fauré
Ça faisait un horrible mélange
De faux Do, de faux si, de faux ré
Titillant des ses doigts les quatr’ cordes
Chatouillant de l’archet les boyaux
Elle songeait aux baisers qui voous mordent
Et vous donn’nt des fourmis dans le dos
For mi for mi
For mi sol si
do do

Elle rêvait aussi d’orgies
D’étreintes folles et d’infamies
Fa mi fa mi
La violoncelliste
Elle entendait parfois des voix
Comme Jeanne d’Arc autrefois
A Domrémy
La violoncelliste
Elle imaginait du bonheur
Avec six jeunes gens en fleurs
Si si mineur
La violoncelliste
Aux bras musclés, aux cheveux blonds
six éphèbes au corps d’Apollon
Si ré do si
La violoncelliste

Rêvant à des enlèvements
Dès qu’elle attaquait une fugue
Sur un palefroi noir et blanc
Avec Herbert ou avec Hugues
La berceuse avait pour effet
D’endormir Sido tout à fait
Dodo Sido
Le printemps ça la rendait folle
Se trouvant dans son entresol
Si seule si seule
La violoncelliste

Prenez bien garde au violoncelle
La musique adoucit les mœurs
Mais elle détruit aussi les cœurs
Les cœurs des pauvres demoiselles