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2016 ? Va te rhabiller… Voeux pour 2017…

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Acrylique sur panneau, 30 cm x 40 cm, décembre 2016

Mes bons amis,

Cette année 2017 ne sera ni pire, ni meilleure que les précédentes.

Elle charriera son lot de malheurs et de joies mesquines. Nous frémirons de plaisir un jour pour mieux nous morfondre le lendemain. Les circonstances nous bringuebaleront, nous nous convaincrons d’être responsable de nos réussites, tous nos échecs seront la faute à pas de chance, à l’adversité, aux cons qui ne manquent pas et surtout à la réalité qui ne se conforme jamais de bonne grâce à nos désirs.

Des volcans vont péter, des tsunamis vont engloutir, des maladies vont décimer, des petits enfants en Afrique continueront d’être échangés contre du bétail pour aller travailler dans des mines.

Chez nous,  sachons nous recentrer, les chauffeurs d’opinions, pour tromper leur ennui, attiseront des rancœurs. Ils débusqueront des scandales et exciteront les bas instincts des naïfs qui pensent de traviole. Le tweet meurtrier et le post définitif n’ont pas fini de sévir. La langue vipérine sera maniée, parfois avec talent, pour que nous avalions mieux les couleuvres.

Les meutes y trouveront leur content. Elles se griseront au bashing, à la louange imbécile. Grondements et jubilations seront garantis derrière les écrans. La vérité sera validée par l’audimat et la raison du plus fort se comptera en millions de vues sur YouTube.

Des oiseaux de mauvais augure passeront tout au hachoir de la désespérance et des ravis de la crèche sèmeront de l’espoir en confetti à pleines poignées. On gobera des foutaises. On s’en remettra toujours, à coups d’illusions, de drogues, de coups tirés, d’excès de travail ou de flemme, de carte bleue…

Parfois nous nous apercevrons dans les miroirs. Nous penserons à nos amours, à nos morts, à nos enfants et, sans trop y croire, aux jours où nous ne serons plus.

Alors les vœux 2017, hein, à part faire coucou aux poteaux, quel intérêt ?

Non, plutôt que de se laisser malmener par les circonstances ou berner par la propagande mieux vaut prendre de bonnes résolutions : se promettre de venir, de revenir sur ce blog.

Au moins pourrez-vous vous y régénérer l’œil  avec de jolies peintures bien fraîches !

La bise aux filles et à tout bientôt, donc…

Exposition : Dessin quotidien (#2)…

aquarelle Dolores Avery dolores avery portraits watercolor soluto

 

Chers tous, toutes…

Je participe à l’exposition collective Dessin Quotidien #2 avec une série d’aquarelles.
Elle se tiendra au Satellite Brindeau du 1er octobre au 27 janvier 2017.
Voici l’adresse :

La Manicle/Satellite Brindeau
56, rue Gustave Brindeau
76600 Le Havre
Tel : 02 35 25 36 05
 
 
Notez sur votre agenda Google, votre calendrier Apple, votre organiseur de moleskine ou sur le frigo que le
 
Vernissage se tiendra
le samedi 1er Octobre, à 18h00
 
http://www.lamanicle.com/dessin-quotidien-2-lexposition/

[L’expo durera longtemps. J’en vois déjà, et pas seulement dans le fond près de la porte, qui se disent « Quatre mois ! J’ai bien le temps d’y aller… »
Malheureux ! L’esprit procrastinateur vous tient déjà ! Luttez contre vous-même, venez comme vous êtes, sans chichis ni retard.
Des dessins seront décrochés, remplacés par d’autres plus récents, dessin quotidien oblige.
Des mouvements sont à prévoir. Oh, là, là du suspens, de la nouveauté, du frais.
Il ne sera pas seulement question de venir, mais aussi de revenir…]

Ci-dessus l’affiche avec les noms des copains de crayon. Si vous ne venez pas pour moi, venez pour eux !

Cardeusse…

peinture huile le havre soluto

Aujourd’hui mon fils a 25 ans. Tandis que j’avais au téléphone ce fier gaillard à barbe noire pour lui souhaiter un joyeux anniversaire, et que nous devisions, caustiques, sur la portion de monde que nous avons en commun, j’ai dessiné ce petit canard. Si c’est pas une calamité, tout de même, de s’attendrir ainsi dès qu’on a le moindre stylo en pogne et qu’on se croit à l’abri des regards…

Syndicalistes à l’aquarelle, rassemblement Hôtel de Ville du 26 mai 2016…

Un syndicaliste ne doute pas. Il lutte pour garder ses chaines et exige d’être un esclave respecté. Il souffre, dit-il, de travailler si dur, dans un contexte aussi ingrat, mais il râle dès qu’on le prive d’activité, d’emploi, d’occupation. Il s’estime heureux d’être surexploité quand tant de copains ont été éjectés du manège. Tant qu’il court dans la roue il n’aspire qu’aux repos, aux congés, à la retraite. Quand il en descend, fatigué, il s’occupe du barbecue, garde ses petits-enfants, s’embringue dans des circuits touristiques et se torture pour trouver de quoi essorer sa mitraille.

On lui a seriné que toute sa dignité tenait dans la torture quotidienne qui lui brisait les reins, lui ulcérait l’estomac, lui ramollissait le bulbe et l’enferrait dans des stratégies dérisoires pour vendre chaque jour un peu plus d’inutile. Il tient à tout prix à la prison qu’on lui concède, se bat pour garder sa cellule et « lutte pour sa servitude comme s’il s’agissait de son salut ».

Il croit que ses maîtres sont méchants, fourbes, manipulateurs, qu’ils se liguent, s’organisent contre lui, exprès pour lui nuire. Il se prête, se donne beaucoup d’importance. Ses maîtres, de lui, n’ont que foutre ! Qu’ils vivent, qu’ils crèvent, même affaire. Ils sont ailleurs, pensifs, s’interrogent déjà sur la façon d’accroitre leurs pouvoirs et leurs dominations. Rien ne les fait mieux goder. Ils attendent plus ou moins patiemment que la rouscaille s’essouffle, que le grand tas beuglant, si frileux dans le détail, si terrifiant dans sa masse, redevienne la variable d’ajustement si chère à leur cœur.

Les maîtres pensent, tel Jean Yanne dans le sketch du permis de conduire : « Qu’est-ce qu’on perd comme temps en formalités … »

Ils rêvent à demain, comme les pauvres, et se distraient aussi (mais eux avec de vrais jouets) en attendant la grande moulinette qui nous éparpillera tous pour de bon et définitivement.

aquarelle portraits le havre soluto

Aquarelle 21 x29,7 cm
aquarelle portraits le havre solutoAquarelle 21 x29,7 cm

Une ampoule claque et les Lumières s’éteignent peu à peu…

portrait soluto huile peinture

Dimanche dernier j’avais trouvé refuge à l’atelier et j’étais à l’écoute d’une radio périphérique. D’un coup, l’édition spéciale s’est interrompue pour laisser « la priorité au direct ». Un nouveau mouvement de foule avait eu lieu place de la République. Une femme interviewée affirmait avoir vu un homme sortir une arme sous son nez. L’on ne pouvait pas douter de l’authenticité de son témoignage. « Ça recommençait »…
Mais cette fois, plus de peur que de mal. C’était une ampoule qui avait claqué. Un policier dans les parages avait aussitôt dégainé. La femme interviewée, qui avait vu arriver sa dernière heure, l’avait confondu avec un terroriste.
Une ampoule claque et les Lumières s’éteignent peu à peu…

Ci-dessous un extrait de l’article Fanatisme du Dictionnaire philosophique de Voltaire, 1764.

Extrait de l’article Fanatisme du Dictionnaire philosophique de Voltaire, 1764

Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère.
Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances : il pourra bientôt tuer pour l’amour de Dieu.
Barthélemy Diaz fut un fanatique profès. Il avait à Nuremberg un frère, Jean Diaz, qui n’était encore qu’enthousiaste luthérien, vivement convaincu que le pape est l’antéchrist, ayant le signe de la bête. Barthélemy, encore plus vivement persuadé que le pape est Dieu en terre, part de Rome pour aller convertir ou tuer son frère : il l’assassine ; voilà du parfait, et nous avons ailleurs rendu justice à ce Diaz.
Polyeucte, qui va au temple, dans un jour de solennité, renverser et casser les statues et les ornements, est un fanatique moins horrible que Diaz, mais non moins sot. Les assassins du duc François de Guise, de Guillaume prince d’Orange, du roi Henri III, du roi Henri IV, et de tant d’autres, étaient des énergumènes malades de la même rage que Diaz.
Le plus grand exemple de fanatisme est celui des bourgeois de Paris qui coururent assassiner, égorger, jeter par les fenêtres, mettre en pièces, la nuit de la Saint-Barthélemy, leurs concitoyens qui n’allaient point à la messe. Guyon, Patouillet, Chaudon, Nonotte, l’ex-jésuite Paulian, ne sont que des fanatiques du coin de la rue, des misérables à qui on ne prend pas garde ; mais un jour de Saint-Barthélemy ils feraient de grandes choses.
Il y a des fanatiques de sang-froid : ce sont les juges qui condamnent à la mort ceux qui n’ont d’autre crime que de ne pas penser comme eux ; et ces juges-là sont d’autant plus coupables, d’autant plus dignes de l’exécration du genre humain, que, n’étant pas dans un accès de fureur comme les Clément, les Chastel, les Ravaillac, les Damiens, il semble qu’ils pourraient écouter la raison.
Il n’est d’autre remède à cette maladie épidémique que l’esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal : car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l’air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d’être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés.
Ces misérables ont sans cesse présent à l’esprit l’exemple d’Aod, qui assassine le roi Églon ; de Judith, qui coupe la tête d’Holopherne en couchant avec lui ; de Samuel, qui hache en morceaux le roi Agag ; du prêtre Joad, qui assassine sa reine à la porte aux chevaux, etc., etc., etc. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l’antiquité, sont abominables dans le temps présent : ils puisent leurs fureurs dans la religion même qui les condamne.
Les lois sont encore très-impuissantes contre ces accès de rage : c’est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l’esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu’ils doivent entendre.
Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?
Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. J’ai vu des convulsionnaires qui, en parlant des miracles de saint Pâris, s’échauffaient par degrés parmi eux ; leurs yeux s’enflammaient, tout leur corps tremblait, la fureur défigurait leur visage, et ils auraient tué quiconque les eût contredits.
Oui, je les ai vus ces convulsionnaires, je les ai vus tordre leurs membres et écumer. Ils criaient : Il faut du sang. Ils sont parvenus à faire assassiner leur roi par un laquais, et ils ont fini par ne crier que contre les philosophes.
Ce sont presque toujours les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains ; ils ressemblent à ce Vieux de la montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu’ils iraient assassiner tous ceux qu’il leur nommerait. Il n’y a eu qu’une seule religion dans le monde qui n’ait pas été souillée par le fanatisme, c’est celle des lettrés de la Chine. Les sectes des philosophes étaient non-seulement exemples de cette peste, mais elles en étaient le remède : car l’effet de la philosophie est de rendre l’âme tranquille, et le fanatisme est incompatible avec la tranquillité. Si notre sainte religion a été si souvent corrompue par cette fureur infernale, c’est à la folie des hommes qu’il faut s’en prendre.